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samedi 24 avril 2010

Mandat #5 : Guillaume Mercier

L’éco-efficience dans 10-15 ans…il sera aussi difficile à quantifier l’impact environnemental de nos gestes, mais étant donné que les mentalités et la terre auront changées, les gens seront plus sensibles aux gestes qu’ils posent. Si on regarde, dix ans en arrière moi le premier jetaient encore mes papiers de gommes dans la rue et maintenant je me sentirais coupable pendant une semaine. L’idée est qu’en 2010 comparativement à 2000 ou 1995, les valeurs des gens ont beaucoup changé et c’est ce dont la terre a besoin pour devenir verte. Le fait d’essayer de mettre des dollars sur tout n’est pas une solution valable pour faire changer les gestes d’une société, il faut s’attaquer directement aux valeurs. Exemple : tout le monde sait que prendre sa voiture pour aller au magasin est beaucoup plus dispendieux que de prendre l’autobus. Si on calcul l’essence, les assurances, les réparations, l’amortissement du prix de la voiture et le stationnement comparativement à 2$ en autobus, les coûts du déplacement en voiture peut facilement être 5 à 10 fois plus élevé. Pourquoi les gens choisissent encore la voiture? Parce que leur choix est basé uniquement sur le prix vs la liberté et pour la plupart des gens la liberté qu’apporte une voiture vaut plus que 5 à 10 fois le prix de l’autobus. Si maintenant, on prend une personne pour laquelle l’environnement est hyper important et le respect de la terre est une valeur très importante pour cette personne, on risque de voir une décision qui prendra en compte le coût, la liberté et l’impact environnemental de chacun des choix, et on risque de retrouver cette personne assise dans l’autobus.

Un vent de changement se fait sentir; effectivement depuis un certain temps la majorité des banques demandent des études environnementales avant d’effectuer un prêt à une entreprise. Si l’étude démontre une contamination des sols ou des activités non conformes, l’entreprise se verra refuser le prêt et cela peut être crucial pour une entreprise de ne pas avoir de soutien financier pour ses projets.

Bref, on sent que la mentalité des gens commence à changer sur ce sujet et je suis persuadé que dans 10 ans d’ici le respect de l’environnement sera ancré dans les valeurs de tout le monde et alors l’impact sur l’environnement comptera beaucoup dans le poids de nos décisions. Plus l’environnement sera important pour une société, plus la contrepartie monétaire devra être important pour accepter le projet qui pollue.

vendredi 23 avril 2010

mandat 5

L'innovation étant un des facteurs essentiels au développement de l'éco-efficience, on peut se demander qu'est qui se passera lorsqu'on arrivera à nos limites techniques en matière d'innovation. C'est une préoccupation importante quant on sait qu'une des principales critiques faites à l'éco-efficience est qu'il favorise en réalité la performance économique sur la performance environnementale dans les situations complexes nécessitant un arbitrage entre les deux. A la lumière des recherches que nous avons effectué, il paraît évident que les entreprises ne sont intéressés par l'environnement qui si il y a un gain pour eux. Il est admis que le monde des affaires dans son ensemble accepte et font des efforts importants afin d'intégrer le concept environnemental dans leurs activités et dans leurs prises de décisions; cependant vu le contexte de plus en plus concurrentiel de l'économie il est aussi admis que les entreprises ne semblent pas prêtes à sacrifier leur performance économique au profit d'une quelconque protection environnementale. Dans cette optique seul l'innovation permet de concilier les deux objectifs performance économique et environnementale. L'enjeu ici étant soutenir l'innovation au sein des entreprises afin de diminuer leur empreinte sur l'environnement. La question C'est comment y arriver? Je pense que la solution passerait par la création d'un organisme mondial en innovation environnemental ou la l'implication des gouvernements qui pourrait accorder des avantages aux entreprises pour leurs efforts d'innovations pour dynamiser cette activité qui me paraît essentiel au développement de l'éco-efficience au sein des entreprises. D'autre part, en considérant que dans 20 ans les externalités environnementales seront admis dans les états financiers tel que les bilans, on peut aussi espérer que les entreprises soient naturellement encouragées à améliorer leur performance environnementale dans la mesure ou celle-ci sera déjà intégré à leurs activités.

lundi 5 avril 2010

éco-efficience, quel avenir?

Dans un article intitulé « Le ras le bol environnemental » sur ce blogue, j’avais amorcé une discussion sur les enjeux auxquels doivent faire face le concept d’éco-éfficience. Je posais la question suivante : Est-ce que l’éco-éfficience ne serait pas en fait qu’un effet de mode qui a profité jusqu’ici de conditions socio-économiques favorables?

Suite à une longue réflexion sur le sujet, je suis d’avis que non. En effet bien que l’on assiste en ce moment à une certaine retombée de l’effervescence autour de l’urgence environnementale, il existe une réelle prise de conscience à tous les niveaux de nos sociétés actuelles. À l’échelle internationale même si les états n’arrivent pas à se mettre d’accord sur des politiques environnementales communes, la mise en place de normes et de labels environnementaux dans les différents pays constituent déjà une avancée. D’autre part, sous la pression de la société on assiste à une comparaison des performances environnementales entre les états, les régions ou les villes. L’indice Environmental Sustainability Index (ESI) ou le PIB vert en sont d’ailleurs des outils. L’indice ESI est un indice composite défini par des experts des universités américaines de Yales et Columbia, publié dans la revue "Nature", établit un classement mondial de 146 nations selon leur aptitude à préserver durablement l’environnement. L’indice est calculé à partir d’une liste de 76 variables de base intégrées à 21 indicateurs intermédiaires (de 2 à12 variables chacun). Les 21 indicateurs pris en compte sont notamment la qualité de l’air et de l’eau, la biodiversité, l’artificialisation du territoire, les contraintes sur les écosystèmes, les déchets, la gestion des ressources naturelles, la politique de l’environnement, etc. L’étude confirme des critères déterminants de la performance environnementale : la faible densité de population, la vitalité économique et la bonne gouvernance. Il semble exister une relation importante entre richesse et performance environnementale, en effet tous les pays à la tête du classement sont prospères ce qui tend à démontrer qu’un revenu national élevé favorise une bonne gestion environnementale.

De nombreux experts critiquent l’efficacité du PIB comme instrument de mesure de la performance des états car celui-ci ne prend pas en compte les impacts environnementaux. Ils proposent la mise en place d’un PIB vert pour tenir compte des impacts environnementaux, notamment de la déduction des coûts environnementaux afin d’obtenir un indicateur plus représentatif de la performance réelle d’une économie. À ce sujet, une étude expérimentale doit être menée sur une dizaine de municipalités sur les coûts de protection de l'environnement, en vue de les déduire par la suite de leur produit intérieur brut.

Au niveau des entreprises, la situation semble être la même en matière de prise de conscience et d’initiative environnementale. En effet, bien qu’il n’y ait aucune obligation légale de nombreuses entreprises participent à l’élaboration de rapports environnementaux sur leurs activités ou de diverses actions pour la préservation de l’environnement. Ce n’est pas encore une pratique généralement répandue et la qualité du travail peut être critiquée pour certains, mais l’initiative semble s’ancrée. De plus, la chose la plus encourageante à ce sujet est que l’ensemble des parties prenantes considèrent la problématique environnementale comme un enjeu stratégique pour l’entreprise. En effet, les entreprises ont maintenant une vision différente de l’environnement qu’il considère comme une source de progrès et d’opportunité. Vous trouverez d’ailleurs sur ce blog dans la section à voir, l’exemple de l’entreprise Sanofi-Aventis qui adopte une démarche intégrée, structurée et chiffrée en matière de développement durable.


Le monde est confronté à de nombreux défis majeurs dont la protection de l’environnement. La solution à ce projet environnemental ne doit pas passer par une diminution de la croissance économique parce que cela risquerai d’aggraver d’autres problèmes majeurs auxquels nous devons faire face comme l’augmentation de la population mondiale et la pauvreté. Je reste donc persuader que la meilleure option pour protéger l’environnement sans nuire au développement essentiel de nos économies passe par l’éco-efficience. Je pense qu’il existe une réelle prise de conscience à ce sujet et que sa pratique va se généraliser sous l’impulsion de la volonté politique des dirigeants en place.