
L’écoéfficience comme nous l’avons vu en détail sur ce blogue est basée sur une approche win-win ayant pour objectif de réconcilier performance économique et environnementale. Toutefois, cette approche est critiquée par de nombreuses personnes particulièrement les groupes écologistes et certains altermondialistes. Ils considèrent que vu la situation environnementale assez préoccupante, il n’y a pas de compromis à faire entre performance économique et environnementale dans la mesure où cette approche bien que participant à la réduction de la pollution dans une certaine mesure n’est pas une approche efficace en matière de préservation environnementale. Ils préconisent une approche écoéfficace (ou perdant-gagnant) en faveur de la performance environnementale. Je suis d’avis que dans le meilleur des mondes il est préférable d’adopter une telle démarche, cependant dans la pratique on est obligé de passer par une phase de compromis sinon c’est le statut quo. Ce qui serait encore plus dommageable, en effet il est mieux de tenter des actions, bien qu’imparfaites, que de ne rien faire. C’est d’ailleurs ce qui a contribué à l’engouement pour l’écoéfficience auprès du public.
La question environnementale repose essentiellement sur un postulat qui est l’existence d’une urgence environnementale. Deux évènements me poussent à ouvrir une discussion sur le sujet de l’urgence environnementale et de ses implications sur la démarche écoéfficiente. Le premier est la parution d’un livre intitulé « L’imposture climatique ou la fausse écologie » et d’une publicité au royaume uni sur le réchauffement climatique qui ont fait polémique.
L’auteur du livre l’imposture climatique, Claude Allègre, est un scientifique et aussi un ancien ministre de l’éducation française. Dans son livre, Il dénonce les prévisions alarmistes de la majorité des scientifiques en particulier celles relatives au réchauffement climatique. Il accuse les scientifiques du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat de constituer un lobby qui ne produit que des conclusions alarmistes et sans nuances dans un intérêt financier. Il accuse ainsi Al Gore d’avoir gagné plus de 600 millions de dollars en spéculant sur les droits à polluer, notamment comme conseiller de Lehman Brothers. Il s’insurge contre les mesures de taxations environnementales qui selon lui constituent un frein à la compétitivité des entreprises. Il préconise une approche qui s’oriente plus vers l’écoéfficience car selon lui la solution passe par l’innovation. La polémique créée autour de ce livre illustre bien l’opposition entre 2 conceptions de la préservation de l’environnement, d’un côté les partisans de l’environnement à tout prix (écoéfficacité) et de l’autre les partisans d’un compromis entre environnement et économie. Chacun ayant une interprétation différente de la situation et de l’urgence environnementale.
Au Royaume-Unis une publicité a du être retirée du petit écran, suite à des centaines de plaintes adressées à l’Advertising Standart Authority (ASA), dénonçant une volonté de faire culpabiliser les citoyens. Diffusée en octobre dernier, avant le sommet de Copenhague, cette publicité joue la carte du mélodrame : sur le principe du “story-telling” un papa lit une histoire où la vie sur terre devient de plus en plus difficile (sécheresses, inondations). Un lapinou pleure accablé de chaleur, un petit chien se noie… Et la petite fille demande : “Est-ce que ça finit bien?”, “Ca dépend de nous” répond le papa.
Ces deux évènements d’actualité m’ont beaucoup interpellé, en effet ils m’ont amené à me poser une question assez complexe : Est-ce que l’écoéfficience ne serait pas en fait qu’un effet de mode qui a profité jusqu’ici de conditions socio-économiques favorables? La crise économique, la concurrence des pays émergents et la mise en avant de thèse jusqu’ici ignorée comme la remise en cause de la responsabilité de l’activité humaine dans le réchauffement économique me semble être des signes d’un certain essoufflement de la part du public en ce qui concerne la question environnementale. Je n’affirme aucunement ici que les citoyens nient la réalité de la préservation environnementale mais simplement que les gens recentrent leurs priorités sur des sujets considérés comme plus important comme la faim dans le monde et le manque d’eau. Le défi étant ici pour l’écoéfficience de tirer profit de cette situation ou comme énoncé plus haut de faire effet de mode.
Vous parlez "d'engouement du public pour l'éco-efficience". Avez-vous vu des statistiques qui montrent que les entreprises prennent réellement plus en compte la démarche environnementale actuellement? Nous trouverions intéressant d'en avoir car nous pensons que même si la prise de conscience s'améliore, en pourcentage, il doit encore y avoir peu d'entreprises qui prennent réellement en compte cet enjeu... mais peut-être nous trompons-nous, ce qui serait plutôt positif!
RépondreSupprimerIl est vrai qu'un certain "ras le bol environnemental" risque de s'installer car il ne se passe pas une journée où l'on ne nous parle pas d'environnement, et paradoxalement, les projets mondiaux stagnent totalement... Par exemple, aucune avancée ne découle du sommet de Copenhague, alors qu'on nous en a parlé pendant des mois. Il est donc normal que les gens risquent de se lasser malheureusement...
Le problème est, qu'au niveau mondial, aucun projet ne peut aboutir à court terme car d'un côté, les pays développés ne veulent pas baisser leur production, et de l'autre côté, les pays en développement refusent d'accepter des normes qui freineraient leur possibilité de développement. C'est vrai qu'on peut comprendre leur position, car c'est injuste qu'ils aient à payer pour ce que les pays développés ont fait dans le passé, mais en même temps, si personne ne prend de décision concrète pour réduire les impacts environnementaux, la situation risque de devenir catastrophique encore plus rapidement que ce que les analystes prévoient...
Juste une dernière question! Claude Allègre est apparemment contre la taxation des entreprises polluantes, mais aussi pour l'éco-efficience; est-ce que vous savez s'il propose d'autres solutions, d'autres incitatifs? Car sans incitatif, les entreprises mettront sans doute malheureusement du temps à agir...
Il est difficile d'obtenir des statistiques explicites et fiables sur le sujet parce qu'elles constituent une information stratégique pour les entreprises. Toutefois on peut se fier aux dépenses effectués dans les activités de protection de l'environnement. Cependant, il est important de signaler que ces données ne peuvent constituer la preuve d'un réelle démarche environnementale. J'ai tout de même trouvé une étude très intéressante sur l'émission des gaz à effet de serre dans l'économie canadienne. J'ai choisi l'émission de C02 car il est un bon indicateur d'éco-efficience, en effet il donne une bonne idée sur la consommation d'énergie par les entreprises.
RépondreSupprimerC'est une étude de statistique canada menée par Tarek M. Harchaoui. Tu trouvera le lien faisant référence à l'étude sous la rubrique lien du blogue.
Pour répondre à ta dernière question, oui Claude Allègre propose des solutions au problème environnementale. Il mise essentiellement sur l'innovation pour résoudre ce problème afin de ne pas pénaliser la croissance économique. Parmi les solutions concrètes proposées par Claude Allègre figurent:
- le développement des OGM qui permettront aux plantes de résister à la pénurie d' eau et d'éviter les engrais.
- la reconquête de la biodiversité dans les rivières et les forêts.
- la favorisation d'une architecture économique combinant énergie solaire, pompe à chaleur et domotique (discipline qui étudie et réalise l'automatisation des installations de l'habitat)
- le développement de la voiture hybride et électrique.
- le développement de l'utilisation des piles à hydrogène.
Je te conseille d'ailleurs à ce sujet un autre livre de Claude Allègre intitulé " Ma vérité sur la planète" publié chez Plon dans lequel il explique en détail ses solutions sur la question environnementale.
Pour ce qui est de l’aspect, y a-t-il vraiment un réchauffement climatique et en somme nous responsable? Je n’ai malheureusement pas la réponse et je pense qu’on ne l’aura jamais pcq les scientifique nous laisserons bien entendre ce qu’ils veulent (car leurs résultats sont une question d’interprétation…) Par contre je pense qu’en tant que citoyen de la planète Terre, il est de notre devoir de la protéger. Si on prend notre maison ou notre appartement, il est évident qu’on doive en prendre soin et l’entretenir pour ne pas qu’il devienne sale et brisé. C’est la même chose pour la Terre, il faut la protéger car c’est notre milieu de vie.
RépondreSupprimerEt pour le ras le bol, si les gouvernements ne forcent pas les entreprises à faire un peu plus leur part et que les pauvres gens continuent d’être tenus responsable de tout, il risque d’y avoir un ras le bol… Je crois que nous avons un impact dans nos décisions, par contre les grandes entreprises en ont encore plus.