Dans un article intitulé « Le ras le bol environnemental » sur ce blogue, j’avais amorcé une discussion sur les enjeux auxquels doivent faire face le concept d’éco-éfficience. Je posais la question suivante : Est-ce que l’éco-éfficience ne serait pas en fait qu’un effet de mode qui a profité jusqu’ici de conditions socio-économiques favorables?
Suite à une longue réflexion sur le sujet, je suis d’avis que non. En effet bien que l’on assiste en ce moment à une certaine retombée de l’effervescence autour de l’urgence environnementale, il existe une réelle prise de conscience à tous les niveaux de nos sociétés actuelles. À l’échelle internationale même si les états n’arrivent pas à se mettre d’accord sur des politiques environnementales communes, la mise en place de normes et de labels environnementaux dans les différents pays constituent déjà une avancée. D’autre part, sous la pression de la société on assiste à une comparaison des performances environnementales entre les états, les régions ou les villes. L’indice Environmental Sustainability Index (ESI) ou le PIB vert en sont d’ailleurs des outils. L’indice ESI est un indice composite défini par des experts des universités américaines de Yales et Columbia, publié dans la revue "Nature", établit un classement mondial de 146 nations selon leur aptitude à préserver durablement l’environnement. L’indice est calculé à partir d’une liste de 76 variables de base intégrées à 21 indicateurs intermédiaires (de 2 à12 variables chacun). Les 21 indicateurs pris en compte sont notamment la qualité de l’air et de l’eau, la biodiversité, l’artificialisation du territoire, les contraintes sur les écosystèmes, les déchets, la gestion des ressources naturelles, la politique de l’environnement, etc. L’étude confirme des critères déterminants de la performance environnementale : la faible densité de population, la vitalité économique et la bonne gouvernance. Il semble exister une relation importante entre richesse et performance environnementale, en effet tous les pays à la tête du classement sont prospères ce qui tend à démontrer qu’un revenu national élevé favorise une bonne gestion environnementale.
De nombreux experts critiquent l’efficacité du PIB comme instrument de mesure de la performance des états car celui-ci ne prend pas en compte les impacts environnementaux. Ils proposent la mise en place d’un PIB vert pour tenir compte des impacts environnementaux, notamment de la déduction des coûts environnementaux afin d’obtenir un indicateur plus représentatif de la performance réelle d’une économie. À ce sujet, une étude expérimentale doit être menée sur une dizaine de municipalités sur les coûts de protection de l'environnement, en vue de les déduire par la suite de leur produit intérieur brut.
Au niveau des entreprises, la situation semble être la même en matière de prise de conscience et d’initiative environnementale. En effet, bien qu’il n’y ait aucune obligation légale de nombreuses entreprises participent à l’élaboration de rapports environnementaux sur leurs activités ou de diverses actions pour la préservation de l’environnement. Ce n’est pas encore une pratique généralement répandue et la qualité du travail peut être critiquée pour certains, mais l’initiative semble s’ancrée. De plus, la chose la plus encourageante à ce sujet est que l’ensemble des parties prenantes considèrent la problématique environnementale comme un enjeu stratégique pour l’entreprise. En effet, les entreprises ont maintenant une vision différente de l’environnement qu’il considère comme une source de progrès et d’opportunité. Vous trouverez d’ailleurs sur ce blog dans la section à voir, l’exemple de l’entreprise Sanofi-Aventis qui adopte une démarche intégrée, structurée et chiffrée en matière de développement durable.
Le monde est confronté à de nombreux défis majeurs dont la protection de l’environnement. La solution à ce projet environnemental ne doit pas passer par une diminution de la croissance économique parce que cela risquerai d’aggraver d’autres problèmes majeurs auxquels nous devons faire face comme l’augmentation de la population mondiale et la pauvreté. Je reste donc persuader que la meilleure option pour protéger l’environnement sans nuire au développement essentiel de nos économies passe par l’éco-efficience. Je pense qu’il existe une réelle prise de conscience à ce sujet et que sa pratique va se généraliser sous l’impulsion de la volonté politique des dirigeants en place.
Bonjour,
RépondreSupprimerJe partage également votre avis sur l’éco-efficience et je pense en effet qu’il y a une certaine prise en compte de l’environnement et du développement durable par les entreprises. Heureusement d’ailleurs car ces dernières ont un grand rôle à jouer puisqu’elles se situent au centre du système économique et de ses conséquences sur l’environnement. Malheureusement, la productivité de plusieurs entreprises, notamment au Québec, connait une croissance beaucoup moins élevée qu’ailleurs dans le monde, surtout pour le secteur manufacturier. De ce fait, il semblerait que l’innovation des technologies soit le facteur clé pour que les entreprises, en perte de croissance, soient à nouveau compétitives. L’éco-efficience est justement une bonne manière pour stimuler le développement technologique et pour améliorer la compétitivité que ce soit à des niveaux environnementaux ou économiques. L’enjeu réside par contre dans la difficulté de convaincre les entreprises manufacturières de l’importance d’intégrer l’éco-efficience à leur activité afin d’améliorer leurs performances environnementales et de réduire les coûts économiques. Ce faisant, les entreprises manufacturières pourraient contribuer au développement durable des pays.
Mandat #1 : Véronique Désilets
RépondreSupprimerJe suis d’accord avec votre opinion : d’après moi, il ne s’agit pas vraiment d’une « mode », mais bien d’une prise de conscience qui, avouons-le, aurait du s’effectuer plus tôt. Il existe, comme vous l’exposez, de plus en plus d’outils pour arriver à atteindre certains objectifs environnementaux, mais le choix d’utiliser ceux-ci reste encore grandement volontaire. Je crois que c’est un pas dans la bonne direction, mais il faudra maintenant trouver un moyen de rendre les avantages de l’utilisation de tels outils plus évidents pour l’entreprise; ce n’est pas tout le monde qui s’en soucie vraiment et je crois que l’on est tous d’accord pour dire qu’en général, les produits plus écologiques sont plus dispendieux et que les consommateurs, ayant le choix, vont souvent se rabattre sur les produits avec les prix moins élevés.
Cela dit, comme il est l’objet de votre blog, il serait temps de penser à l’implantation d’un certain système d’éco-efficience. S’il y a un moyen concret de devenir plus concurrentiel et profitable de mieux respecter l’environnement dans les opérations, les gestionnaires auront probablement moins de mal à faire le saut. Il faudrait par contre que toutes les entreprises prennent part à un tel projet pour ne pas en avantager indument certaines; ce qui semble impossible sans l’appui des gouvernements et divers organismes à travers le monde chargés de se pencher sur la question. D’ailleurs, on comme on a pu le voir avec Copenhague, de telles mesures ne font pas encore l’unanimité. Mais le fait qu’un tel événement ait eu lieu prouve qu’il y a, oui, une prise de conscience. Mais qu’elle n’est pas encore assez généralisée pour porter ses fruits.
Bien que ma coéquipière et moins même ayons déjà précédemment critiqué certaines caractéristiques du modèle d’éco-efficience, je dois dire que si l’on trouver un moyen d’ajuster le ratio afin d’en faire un moyen de réellement mesurer la contribution environnementale aux profits et ce à travers plusieurs entreprises du même type, il pourrait s’agir d’un outil très intéressant alliant le but actuel des entreprises (faire des profits) avec le but que l’on souhaiterait qu’elles aient (respecter l’environnement).
A titre de rappel, notre blogue a comme thème l’internalisation des externalités. Ce sujet a beaucoup de similitudes avec le thème de l’équipe No.1 qui est l’éco-efficience ; bien que les deux thèmes sont abordés selon une approche différente par les deux équipes. En effet, les deux thèmes parlent de l’importance de tenir compte du respect de l’environnement dans les processus d’affaires des entreprises. La prise en compte des exigences environnementales doit se faire aussi bien dans le processus de production lui-même que dans l’évaluation des performances de l’entité. Les deux thèmes se recoupent finalement car leur objectif commun est d’amener les entreprises à tenir compte des coûts environnementaux. Notre thème (équipe 3) aborde ce sujet du point de vue de l’intégration des coûts environnementaux dans les coûts de l’entreprise alors que le thème de l’équipe 1 se focalise davantage sur l’efficience lorsqu’il s’agit de tenir compte des ces mêmes coûts. Selon le thème de l’éco-efficience, la prise en compte des couts environnementaux ne devrait pas être perçue comme un point négatif mais plutôt qu’un atout du moment que cette prise en compte améliore la compétitivité de l’entreprise en question. Le thème de l’internalisation des externalités, au lieu de se focaliser sur l’aspect efficience, parle propose plutôt différentes pistes de réflexion pour amener les entreprises à tenir compte des dommages environnementaux dans leurs processus de production mais aussi d’évaluation des performances. Toutefois, notre thème mentionne aussi que l’effet ultime de cette intégration des dommages environnementaux sera une meilleure image dans la communauté, la capacité accrue des entreprises à satisfaire une clientèle de plus en plus sensible aux questions environnementales, une plus grande fierté des employés d’appartenir à une organisation qui respecte l’environnement, etc.…. Finalement, tous ces facteurs que je viens de mentionner engendrent une compétitivité accrue des entreprises ; ce qui rejoint finalement le thème de l’éco-efficience et la relation prise en compte des dommages environnementaux-compétitivité. En bref, les deux thèmes parlent finalement de la même chose !! L’idée commune est que la prise en compte des question environnementales dans les entreprises n’aboutira pas à une perte de performance et que les entreprises ne devraient pas voir les question environnementales comme une menace mais comme un atout à long terme.
RépondreSupprimerMandat 2 : Greg
RépondreSupprimerMessieurs,
L’idée principale de l’éco-efficience est de faire mieux avec moins, ce qui est proche de l’idée de la quantification des externalités environnementales quand celles-ci sont prisent en compte dans les organisations. En effet, la quantification des externalités permet d’une part de faire rendre compte de leurs existences à l’organisation et d’autre par de leur donner une indication sur leur consommation en ressources pour produire celles-ci. Dès lors, l’entreprise va, afin de les diminuer les nuisances des externalités, repenser leurs différents concept de productions afin de diminuer les externalités produites tout en produisant plus, ce qui revient à se rapprocher de l’éco-efficience. Il est important de souligner que les 2 sont inter-reliés afin de pouvoir les ressources ou encore de repenser les techniques de productions afin de produire plus avec moins. En un mot, l’éco-efficience veut diminuer les nombreuses externalités qu’il peut y avoir eu sien d’une organisation. Pour ce faire, nous devons avant toute chose les débusquer et les quantifier et c’est là qu’intervient notre rôle dans leur quantification.
Pour faire un bref résumé, la convergence peut être mise sur les besoins de quantification des externalités afin de les réduire. D’où un enjeu similaire avec l’éco-efficience poussant à dire que les méthodes sont intrinsèquement liés dans la réussite de la diminution des externalités tout en produisant plus et mieux avec moins !!!!
Dans les 2 cas, l’approche win-win se trouve toujours en arrière plan. Mais il faut rester logique la quantification des externalités est une chose complexe !
j'ai apprécié votre blog
G.
Mandat #2 : Jérôme
RépondreSupprimerOla (je pars au Mexique bientôt et travaille donc un peu mon espagnol),
L’homme a souvent peur du changement. Les entreprises ont, elles aussi, peur du changement. Je ne parle pas d’un changement ad-hoc mineur. Je parle d’un vrai changement. Par exemple, je considère les changements en rapport avec la loi Sarbanes-Oxley comme « mineurs ». Par contre, l’éco-efficience est un changement majeur. En effet, il remet en cause un bon nombre d’habitudes et de façon de faire jusque là rentables.
« Aie… j’aime pas trop ça » se dit l’entreprise qui affiche un ROE de 15% par an. Sauf si son activité est l’environnement bien-sûr. L’éco-efficience, même si elle cherche à faire le lien entre les facteurs économiques et l’environnement, semble trop « abstraite » pour bon nombre d’entreprise et de particuliers.
Par exemple moi, particulier, j’entends sans cesse dire qu’il faut faire le tri sélectif, ne pas chauffer le moteur de sa voiture 20 minutes avant d’aller au travail, prendre le bus… Oui mais j’ai oublié dans quelle poubelle faut jeter les plastiques, dehors il fait froid et ma voiture est un peu vieille, le bus il est toujours en retard. Que des excuses. Fainéantises et/ou routines.
Les entreprises c’est exactement pareil !! On leur rabâche sans cesse qu’elles doivent moins polluer mais leurs clients (ou la société en général) feraient mieux de balayer devant leur porte avant de critiquer ! Bref, personne ne fait rien car tout le monde attend que la société « force » le changement d’habitudes. Oui mais si personne ne fait rien on peut attendre longtemps.
C’est pour cela que concernant le futur de l’éco-efficience je suis assez « mitigé ». Il y a une prise de conscience…mais seulement une prise de conscience et des petites actions par-ci, par là. Or il faut des leaders, des meneurs, un effet de foule pour changer radicalement les choses. L’histoire nous apprend que cela met souvent du temps avant d’arriver…
Jérôme
Mandat #3: Pascal Leroux
RépondreSupprimerCe n'est pas facile de bien paraître en écrivant un commentaire à la suite de celui à Jérôme "le Breton" Hervé mais je vais faire de mon mieux.
J’ai choisi de traiter l’éco-efficience du point de vue d’une PME. Je crois donc que les PME auraient avantages a tirer profit de l’éco-efficience afin d’accroître leur profit. J’aimerais ici insister sur l’objectif du profit même s’il est question d’environnement d’une part car l’éco-efficience est une façon verte d’accroître son profit, d’autre part parce que les PME réalisent rarement trop de profit.
Dans cette optique, je crois que les PME ne peuvent pas se permettent de laissé aucune option de côté quand vient le temps d’accroitre leur profit. Je lisais dans la revue affaire qu’une entreprise de transport avait bloqué ses camions à 105 km/h afin d’accroitre ses profits. Cette décision relève de l’éco-efficience car d’une par les camions consomment moins d’essence en parcourant 200 km à 105 km/h qu’à 120 km/h, d’autre part, cette diminution de consommation d’essence permettait à l’entreprise de diminuer ses charges. C’est ce type de mesure qui devrait être adopté par les PME.
Je crois que l’argument de l’éco-efficience est une bonne porte d’entré dans les PME afin de les rendre plus « vertes » car on brandit les signes de dollar avant tout, les dirigeants des PME sont donc tout ouïe à nos suggestions.
De plus, l’éco-efficience ne demande obligatoirement d’investissement majeur en recherche et développement, il peut s’agir de mesure très simple comme la réduction de la consommation de papier ou toute autre matière première. Ainsi, dans une usine de fabrication de meuble, une entreprise pourrait trouver des moyens de faire plus avec moins. Elle pourrait mieux tailler son bois afin de construire les charpentes de façon à diminuer les rebus. Une telle façon de faire permet de réduire les achats de matière première ($) et de couper moins d’arbre.
C’est ainsi que l’éco-efficience bien qu’hypocrite selon certain pourrait bien représenter la réconciliation entre les pôles économie et environnement du développement durable dans le domaine des PME.