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mercredi 24 février 2010

Éco-efficience, une décision stratégique!

La question environnementale est devenue un véritable enjeu pour les entreprises, en effet elles doivent faire face à la pression réglementaire et à celle exercée par la société en matière de protection de l’environnement. Aucune entreprise ne peut se permettre de négliger ses impacts environnementaux sans compromettre la légitimité de ses activités. Cette exigence environnementale nécessite des investissements considérables pour se conformer aux attentes de ses partenaires externes. Cette situation pose une problématique essentielle pour les entreprises qui doivent à la fois investir dans des actions pro environnementale, tout en considérant le besoin de limiter ses investissements non productifs afin de demeurer concurrentielle dans son secteur d’activité. Dans une telle situation, la marge manœuvre des dirigeants semblent très étroite. Toutefois, le succès ou l’échec de leurs décisions dépendra de la manière dont ils vont considérer la problématique. En effet, ces derniers doivent considérer l’enjeu environnemental comme une opportunité d’optimiser l’utilisation de leur ressource et d’augmenter leur productivité afin d’en tirer le plus grand bénéfice. Contrairement à ce que pourrait nous laisser penser les campagnes de communication sur l’environnement, c’est la recherche de rentabilité qui anime les entreprises dans leur démarche environnementale. Cette recherche de rentabilité est essentielle afin de concilier environnement et compétitivité. Cette conciliation se fait à travers l’éco-efficience qui amène une vision innovante de la problématique exposée précédemment en proposant des actions rentables qui s’avèrent également bénéfiques pour l’environnement, contrairement à une approche dans laquelle des actions environnementales sont entreprises dans un premier temps et a posteriori s’avèrent rentables.


Je vous présente ci-dessous un exemple détaillé de mise en œuvre réussie d’éco-éfficience au sein de Norsk Hydro. Cette exemple est tiré de la revue électronique en science de l’environnement : « Jean Kabongo, « Intégrer économie et écologie : le cas de l’industrie canadienne », VertigO

L’éco-efficience au quotidien : le cas de Norsk Hydro

L’usine de Norsk Hydro de Bécancour est sans aucun doute un exemple de gestion éco-efficiente. En opération depuis 1986, cette entreprise industrielle produit du magnésium pur et des alliages de ce métal à partir de la magnésite, qui provient principalement de Chine. Avec une production annuelle évaluée à 48 000 tonnes, le procédé d’électrolyse utilisé exige l’introduction et la manipulation de produits potentiellement toxiques, notamment l’acide chlorhydrique (HCl) et le chlore gazeux (Cl2). En plus, les multiples réactions chimiques survenant tout au long de ce procédé comportent un risque de présence de polluants dans les effluents, par exemple l’acide chlorhydrique ou le chlorure de magnésium (MgCl2), l’émanation de gaz à effet de serre comme l’hexafluorure de souffre (SF6) ou encore le gaz carbonique (CO2) et, éventuellement, la contamination des sols. Pour réduire tous ces effets et maximiser l’usage des intrants dans les systèmes de production, les dirigeants de Norsk Hydro Bécancour s’engageaient, à partir de 1990, dans un vaste et ambitieux programme de gestion efficace des processus. À l’instar des entreprises comme 3M, Interface ou encore General Motors qui ont recentré leurs activités sur le modèle inspiré de l’éco-efficience (Johansen, 1998; Issak, 2002), Norsk Hydro s’engageait à « produire le maximum de magnésium avec le minimum de ressources dans le respect de la génération actuelle et de celles qui vont suivre ». Cette vision qui s’inscrit dans la perspective de rationalisation de l’usage des ressources repose sur trois actions : respecter les lois et les normes environnementales en vigueur, prévenir et éliminer tout accident écologique, et réduire les pertes des matières premières et les émissions de polluants. Les structurations au niveau des ressources humaines ont exigé la mise sur pied de programmes de formation du personnel ainsi que de programmes d’information destinée à la clientèle et à la population avoisinante.


Ces changements de gestion de Norsk Hydro se sont accompagnés d’actions concrètes et de gestes quotidiens sur lesquels reposent les principes d’éco-efficience. En effet, des efforts soutenus ont été déployés pour améliorer de façon constante l’efficacité des procédés. Qu’il s’agisse de la révision du bon fonctionnement des équipements, du lavage des pompes HCl (acide chlorhydrique), NaOH (hydroxyde de sodium), NaOCl (hypochlorite de sodium), ou encore de l’achat de nouveaux équipements, les employés sont sensibilisés aux problèmes de perte et de gaspillage des matières utilisées. L’une des facettes des actions et des gestes concrets concerne plus directement le recyclage et la revalorisation des rejets. Avec environ 17 400 tonnes de boues générées par année, les dirigeants de Norsk Hydro s’engageaient à connaître les propriétés des résidus, ainsi qu’à contrôler et à calculer ces derniers, considérés désormais comme des ressources. L’analyse de la composition physique et chimique des boues révélait qu’elles contiennent près de 18 % de magnésium. Ainsi, Norsk Hydro est passé de l’enfouissement au développement d’un nouveau produit, le Mag III, la formule commercialisée des boues de magnésium.


Plusieurs autres réalisations témoignent de l’engagement « éco-efficient » de Norsk Hydro : la réduction des pertes d’acide, qui fait des économies de 500 000 $ par année; la réduction des pertes de chlorures à l’effluent, qui génère des gains de 1 000 000 $ par année; le programme de R&D, visant à entreprendre le remplacement de l’hexafluorure de souffre (SF6) avant la fin de 2005. Norsk Hydro a également développé ses propres indicateurs de performance environnementale et économique appelés FEED (effluent, énergie et déchets). Selon les données de l’entreprise, toutes ces actions et tous ces gestes, qui s’inscrivent dans le cadre d’une gestion éco-efficiente, en plus de la mise sur pied du programme FEED, représentaient en 2003 une économie de 4 000 $ par jour. Cette gestion éco-efficiente de Norsk Hydro lui a valu de nombreuses reconnaissances, en particulier le prix ÉcoGeste en 2001.

4 commentaires:

  1. L’usine Norsk Hydro de Bécancour aurait été un exemple plus convaincant si l’usine n’avait pas été fermée à cause de la concurrence, notamment de la Chine, où on sait qu’il y a nettement moins de contraintes environnementales. Ce qui prouve qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire avant qu’être écolo-efficient ne soit synonyme de succès.

    Une petite note sur le chlorure de magnésium qui contrairement à ce qui est dit dans l’article est sans danger pour l’environnement. D’ailleurs en 2006, une de nous a déjà travaillée pour une entreprise qui achetait des résidus de production de Norsk Hydro (notamment du chlorure de magnésium). Ces résidus étaient utilisés pour fabriquer des produits d’entretien routiers. Le chlorure de magnésium peut être utilisé comme déglaçant l’hiver ou comme abat poussière l’été. Ceci nous montre que Norsk Hydro dans son éco-contrôle car les résidus de productions étaient utilisés à d’autre fins ce qui est en accord avec l’éco-contrôle. Donc malgré la fermeture de l’usine, les résultats on été intéressants le temps qu’ils ont duré.

    Voici des liens expliquant plus en détail les différents produits routiers de chlorure de magnésium : http://www.prommel.com/fr/entreprise/sebci/nos_produits/chlorure_de_magnesium_flocons_4648.asp http://www.prommel.com/fr/entreprise/sebci/nos_produits/chlorure_de_magnesium_liquide.asp

    Jennifer et Véronique

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  2. Effectivement,l'usine à été fermée après l'étude mené par Jean Kabongo. Toutefois, le but était de montrer les avantages concrets en terme financiers que pouvait apporter des pratiques éco-efficientes.
    Cependant, tu soulèves un point important en faisant référence à la concurrence chinoise lorsque l'on sait qu'il y existe peu de contraintes environnementales. En effet, l'intérêt des entreprises pour l'éco-éfficience ne peut durer à long terme que si tout le monde respecte les mêmes règles du jeu. La conférence de Copenhague qui a mobilisé l'attention de toute la communauté internationale en a été un exemple. Le refus des chinois et d'autres pays de se conformer à certaines règles approuvées par la majorité des participants a entrainé un échec des négociations. C'est d'ailleurs une critique des détracteurs du concept d'éco-éfficience qui affirme que l'on ne peut pas arriver à une situation win-win, dans laquelle l'économie et l'écologie sortiraient gagnant.
    Nous allons prochainement publié un article à ce sujet sur notre blogue. En attendant, je t'invite à jeter un coup d'oeil à la vidéo à la suite de l'article commenté ci-dessous. Il sera un meilleur exemple des avantages concrets que peut apporter des pratiques éco-éfficientes car il s'agit cette fois d'une petite entreprise locale.

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  3. Mandat #4 : Christine

    Les enjeux environnementaux permettent une meilleure gestion des coûts. L’environnement comporte plusieurs coûts comme les coûts privés (coûts conventionnels, coûts potentiellement cachés, coûts éventuels et les coûts reliés à l’image et aux relations) ainsi que des coûts sociaux. L’étendue de ceux-ci rend leur gestion inévitable pour toute entreprise. Sur le plan des activités de l’entreprise, la prévention et le contrôle de ses activités lui permettront de diminuer les coûts futurs quant aux non-respects de l’environnement. Afin de mieux gérer ces coûts, il est primordial des les quantifier afin que les gestionnaires en tiennent compte lors de la prise de décision et dans le processus budgétaire. Mesurer quelque chose permet de le rendre visible aux yeux de tous. Il faut leur faire prendre conscience du fait que moins ils existent une relation gagnant-gagnant à l’endroit de l’environnement. Moins ils vont polluer, moins les coûts vont être élevés et plus leur entreprise sera éco-efficiente. En effet, il faut mieux prévenir que guérir. Actuellement, ces coûts ne sont pas suivis pas une très grande majorité d’entreprises puisqu’ils sont cachés dans d’autres coûts et il peut être parfois difficile d’attribuer de tels coûts directement aux produits. Cependant, la séparation des coûts environnementaux permet d’améliorer la connaissance relative à la rentabilité du produit fabriqué en plus de démontrer quels produits ont le plus de conséquences sur l’environnement. La détermination de ces coûts peut montrer à l’entreprise qu’un produit n’est pas aussi rentable qu’elle le croyait lorsque ces derniers sont pris en compte. Il n’y a aucun intérêt pour l’entreprise à démentir ces coûts puisqu’il existe indéniablement et qu’il est tout à son avantage de commencer le plus rapidement à gérer ces derniers. La gestion des coûts peut se faire du berceau au tombeau. On y inclut alors les coûts de recherche et de développement, les coûts du processus de production et les coûts de la fin du circuit. Les coûts peuvent aussi être gérés du berceau au berceau, c’est-à-dire du tout début de l’exploitation des matières premières jusqu’aux coûts dus à la reprise, au recyclage, à la réutilisation, à la disposition et au prolongement de la vie utile. Selon cette perspective, il vaut la peine de payer plus cher lors du choix des matériaux utilisés dans la conception du produit, mais de payer moins cher lors de la disposition future, puisque ce sont des coûts que les entreprises peuvent gérer à l’heure actuelle. Changer les habitudes de consommations des entreprises permet aussi de diminuer les coûts pour ces dernières en les rendant davantage efficaces dans la consommation énergétique
    De plus, l’éco-efficience pousse les entreprises à se dépasser et donc à développer des nouvelles technologies permettant d’améliorer ces dernières et de les rendre d’avantages compétitives, ce qui génère des retombées économiques favorables pour les divers pays.

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  4. * CORRECTION! *

    Mandat #4 : Christine

    Les enjeux environnementaux permettent une meilleure gestion des coûts. L’environnement comporte plusieurs coûts comme les coûts privés (coûts conventionnels, coûts potentiellement cachés, coûts éventuels et les coûts reliés à l’image et aux relations) ainsi que des coûts sociaux. L’étendue de ceux-ci rend leur gestion inévitable pour toute entreprise. Sur le plan des activités de l’entreprise, la prévention et le contrôle de ses activités lui permettront de diminuer les coûts futurs quant aux non-respects de l’environnement. En effet, il coûte moins cher à une entreprise de se conformer que de ne pas se conformer. Afin de mieux gérer ces coûts, il est primordial des les quantifier afin que les gestionnaires en tiennent compte lors de la prise de décision ainsi dans le processus budgétaire. Mesurer quelque chose permet de le rendre visible aux yeux de tous. Il faut leur faire prendre conscience du fait qu’il existe une relation gagnant-gagnant à l’endroit de l’environnement. Moins ils vont polluer, moins les coûts vont être élevés et plus leur entreprise sera éco-efficiente. Comme par exemple, réduire les rebuts permettra à l’entreprise de diminuer ses coûts quant à ses derniers en plus de diminuer ses impacts sur cette dernière. En effet, il faut mieux prévenir que guérir. Actuellement, ces coûts ne sont pas suivis par une très grande majorité d’entreprises puisqu’ils sont cachés dans d’autres coûts. Il peut être parfois difficile d’attribuer de tels coûts directement aux produits. Cependant, la séparation des coûts environnementaux permet d’améliorer la connaissance relative à la rentabilité du produit fabriqué en plus de démontrer ses conséquences sur l’environnement. De plus, la prise en compte des coûts environnementaux peut montrer à l’entreprise qu’un produit n’est pas aussi rentable qu’elle le croyait. Il n’y a aucun intérêt pour l’entreprise à démentir ces coûts puisqu’ils existent indéniablement. Il est plutôt à son avantage de les reconnaître et de commencer le plus rapidement les gérés. La gestion des coûts peut se faire du berceau au tombeau. On y inclut alors les coûts de recherche et de développement, les coûts du processus de production et les coûts de la fin du circuit. Les coûts peuvent aussi être gérés du berceau au berceau, c’est-à-dire du tout début de l’exploitation des matières premières jusqu’aux coûts dus à la reprise, au recyclage, à la réutilisation, à la disposition et au prolongement de la vie utile. Selon cette perspective, il vaut la peine de payer plus cher lors du choix des matériaux utilisés dans la conception du produit (puisque ce sont des coûts que les entreprises peuvent gérer à l’heure actuelle) afin de payer moins cher lors de la disposition future.
    La gestion des coûts devra aussi inclure une estimation des coûts sociaux externes même si l’entreprise n’est pas directement concernée par ces derniers. Bien que ces chiffres ne reflèteront pas la réalité à la perfection, il est toujours mieux d’avoir une estimation que de ne rien prévoir du tout.

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